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Oui, la campagne s'est mal terminée. Trois raisons. Les sondages, dont il vaut mieux ne pas parler. Et François, comme nous tous, avons dû les commenter. François a rappelé celui qui, à l'avant-veille de la présidentielle de 2007 le plaçait... derrière Le Pen ! Cela lui a peut-être coûté la deuxième place, et la victoire assurée. L'horrible crainte d'un deuxième " 21 avril " faisait sursauter les électeurs de gauche. Ils avaient raison. Mais leur choix n'a pas été judicieux. Et ils ont eu Sarkozy. Qui peut penser au sérieux de ce sondage ? Et puis le débat. Pourquoi France 2 a-t-elle mis sur une même table Daniel Cohn-Bendit et François Bayrou - ce dernier montrant son légitime agacement lors du débat Aubry - Bertrand. Il fallait un combat de coqs. Ce n'est pas jouer les victimes de dire que nous représentons le plus grand danger pour le pouvoir en place. Ce n'est pas nous qui appelons les élus MoDem pour leur proposer des maroquins ! Détruire le MoDem, cela fait rêver. Mais ce n'est, heureusement qu'un rêve. Alors, ce débat ! François avait eu connaissance des écrits autobiographiques de Cohn-Bendit sur la crèche de Francfort. Il ne voulait pas utiliser l'argument. Il y a été contraint par les insultes de Cohn-Bendit, un homme que j'ai connu il y a 41 ans sur les barricades et qui, à mon sens, a dévoyé mai 68 qui était une lutte sociale, une solidarité étudiants-monde du travail, et a permis de relever le SMIG de plus de 30% et d'accorder les droits syndicaux, parmi d'autres conquêtes. Beaucoup ne les connaissent pas, alors je me dois, hélas, de rappeler ces phrases de Cohn-Bendit, dans Le grand Bazar (1975, Belfond): "Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : "Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas d'autres gosses ?" Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même ». Et ailleurs : « J’avais besoin d’être inconditionnellement accepté par eux. Je voulais que les gosses aient envie de moi, et je faisais tout pour qu’ils dépendent de moi".(... ) "J'ai travaillé auparavant avec des gosses qui avaient entre 4 et 6 ans. Quand une petite fille de 5 ans commence à vous déshabiller, c'est fantastique, c'est un jeu érotico-maniaque..."
Aujourd'hui, ces actes et ces propos seraient condamnables, à juste titre. François ne les a pas cités. Certains diront, certains l'ont dit : "hypocrite" ! Non. Mais il n'est pas comme ça, François Bayrou. Il a défendu les enfants ; et il a bien fait. Le critiquer à ce sujet, c'est le méconnaître. Peut-être n'était-ils pas habile d'évoquer la "connivence" - criante - entre Cohn-Bendit et l'Elysée. Mais ce débat était tronqué, truqué. Je suis sûr que, malgré les réactions quasi-unanimes de la presse qui s'est acharné sur celui qui avait été insulté ("Tu ne seras jamais président de la République, mon pote, tu es trop minable", écrire cela me fait froid dans le dos), notre dirigeant sortira grandi. C'est malheureusement sutout l'électorat "bobo" qui vote aux européennes. Nous verrons en 2010 et en 2012. J'ai une expérience. Les vendredis 5 et samedi 6 juin, à Sarcelles, nous avons eu des centaines de discussions sur ce débat. Et lorsque nous avons expliqué ce qu'avait écrit et fait Cohn-Bendit, des gens ont vu les choses autrement. Et cela se ressent. Nous faisons une percée - oh, encore timide, mais dans une ville où Bayrou avait fait 12,9 % en 2007, nous rejoignons presque la moyenne nationale - dans les milieux populaires qui nous ravit. |