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Le "MoDem", un "canard sans tête", assure triomphateur Jean-Christophe Cambadélis : "Ce qui manque à François Bayrou, c'est de la clarté", affirme, très fier, François Hollande. Le Modem, c'est l"'échec d'une stratégie de confusion exclusivement politicienne", pour Olivier Dartignoles, porte-parole du PC. Pour Dominique Voynet, Jean-Luc Benhamias, en s'alliant au PS, s'est fait "pendre ailleurs". "J'ai entendu M. Bayrou hier soir hurler contre l'alliance socialo-communiste. On n'a rien à voir avec ce monsieur", fulminait récemment Marie-George Buffet. Voilà quelques florilèges de gauche, qui passent piteusement sous silence à quel point Bertrand Delanoë, par exemple, doit son succès au MoDem. A droite, c'est la même chose. Pour certains, le MoDem est d'ailleurs déjà mort. "Il est clair aujourd'hui que la disparition (bigre, note de l'auteur) de François Bayrou appelle la majorité présidentielle à se réorganiser", (bigre) explique Jean-Pierre Raffarin. Le Premier ministre François Fillon demandait, rien que ça, entre les deux tours une alliance globale au MoDem, qui, bien sûr, l'a refusée. Le président de la République lui-même, Nicolas Sarkozy évoque "l'illisibilité" du MoDem, et a fait fin janvier le déplacement de Pau pour soutenir le maire sortant socialiste Yves Urieta, étrangement soutenu par l'UMP, et dont la présence au second tour permit l'élection à Pau de la socialiste Martine Lignières-Cassou.
"Confusion", "Illisibilité", tous ces mots ont été utilisés, exactement de la même façon par la droite, la gauche et la presque totalité des journalistes - et moi-même, journaliste, je n'en suis pas fier - pour qualifier la démarche du MoDem. "Confus" et "illisibles" par rapport à quoi ? A leur seule « bien-pensance ». Ils n'ont rien compris ! Où plutôt, ils se bouchent les oreilles. Le problème, c'est que justement, le MoDem refuse l'alliance a priori, l'allégeance. Au nom de quoi ? De la démocratie, du souci de clarté. C'est dur, c'est long, mais c'est juste et ça finira par gagner. Chacun admet que, depuis plus de vingt ans, il n'y a pas grande différence entre politiques de droite et de gauche. La droite américaine a félicité les années Mitterrand pour son libéralisme. Les mises en cause du service public, notamment la poste, ont commencé sous la gauche. En politique étrangère, Chirac était bien meilleur que Mitterrand. La droite a fait des erreurs inqualifiables, dans sa politique fiscale et d'immigration, par exemple. Et il y a un fossé entre politique villepiniste - pour ce qui concerne l'esprit républicain, l'image de la France - et politique sarkozyste que, par dogmatisme, le PS a refusé de prendre en compte, offrant sur un plateau l'Elysée à l'ancien maire de Neuilly. Résultat : états-majors de droite et de gauche ont tout fait pour éliminer l'homme, François Bayrou, qui dérangeait ce système de caste, qui faisait bouger les lignes ; car ces lignes étaient obsolètes. Entre les deux tours de la présidentielle comme des municipales, admettant de facto que le MoDem était au centre de la vie politique, (ça, mine de rien, ils l'ont tous admis), ils ont tout fait pour piller ses électeurs et ses idées - sur l'endettement, l'hyper présidentialisation, les institutions, le rassemblement. Alors, oui est la confusion ? Elle était dans ce système figé où seuls comptent l'étiquette et le confort politique au détriment des idées neuves. Qant au MoDem. En quelques mois, il a gagné des dizaines de milliers de militants. Il y a de l'orange partout. Il a des sections partout. Il a des milliers d'élus. Il va continuer de secouer le train-train reparti pour un tour de la démocratie française en s'attaquant aux vrais problèmes : logement, éducation, santé, intégration, désendettement, liberté et responsabilité, indépendance de la presse, justice sociale, services de proximité, sécurité. Tous ces thèmes qui n'ont peut-être pas permis à François Bayrou de déjouer les combines politiciennes à Pau. Mais qui permettront à cet élan démocratique extraordinaire, qui renoue avec l'âme du MRP de la Libération, insufflé pendant la campagne présidentielle de 2007 de s'ancrer, et de gagner le moment voulu. Malgré les lâchages, qui vont continuer, veulerie quand tu nous tiens, François Bayrou n'est pas seul du tout. Son capital de sympathie a augmenté en un an. Et si ses bonnes idées sont captées aujourd'hui par les autres, un jour, c'est lui-même et ses amis, plus tous ceux qui nous rejoindront, qui les appliqueront le mieux. Jean-Michel Cadiot Journaliste et écrivain Responsable du MoDem dans la huitième circonscription du Val d'Oise. |